La lutte contre la pauvreté au niveau wallon

 

Depuis plus de 20 ans, la Wallonie connaît une évolution des concepts liés à la lutte contre la pauvreté et adapte ses stratégies d’action en fonction de cette évolution. Passons-les rapidement en revue :

 - De 1992 à 1999 :la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale

 - A partir de 2000 :

 - En 2000 et 2005 : le Contrat d’Avenir pour la Wallonie

 

 - Le groupe de travail intercabinets « Inclusion sociale » créé en 2006 est chargé d’assurer une meilleure coordination politique des initiatives liées à la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, à l’intégration sociale, à l’inclusion sociale  et … à la cohésion sociale.

 

 - En 2007, la structuration d'un Réseau wallon de lutte contre la pauvreté (RWLP) permet au Gouvernement wallon de conclure avec celui-ci une convention-cadre intitulée Vers une Wallonie sans pauvreté d'ici 2025, axée elle aussi sur l’accès aux droits fondamentaux.

 

 - En 2008, suite à la modernisation de l’administration, la Cellule d’Intégration sociale, créée en 1992 et pérennisée en 1999, devient la Direction interdépartementale de la Cohésion sociale au sein du Secrétariat général du Service public de Wallonie, et se voit renforcée et mise en phase avec l’évolution des concepts.

 

 - Naissance du Plan de cohésion sociale en 2008-2009 

 

 - Le 11 mars 2010, lors d’un Gouvernement conjoint sur la Solidarité, la Région wallonne et de la Communauté française décident  de promouvoir conjointement la cohésion sociale : ils créent un groupe de travail intercabinets permanent « Cohésionsociale » qui réunit les deux entités fédérées et lui confient une série de missions : suivi de l’Année européenne 2010 de lutte contre la pauvreté, suivi et évaluation des mesures de lutte contre la pauvreté et la grande pauvreté, suivi du Rapport sur la Cohésion sociale en Wallonie élargi aux compétences de la Communauté française, accompagnement de la convention avec le RWLP,  collaboration entre les deux entités fédérées sur des dispositifs locaux de cohésion sociale, tels que le Plan de cohésion sociale, suivi des droits de l’enfant et de lutte contre la pauvreté infantile, soutien à des projets innovants à vocation sociale, culturelle et éducative relevant conjointement de la Wallonie et de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

 

 - La Stratégie 2020 de l’Union européenne

 

 - Une Plateforme belge contre la pauvreté et l’exclusion sociale, créée en 2011, tient lieu d’organe de concertation pour la préparation et le suivi du volet « Cohésion sociale » du PNR. Elle se compose de représentants des entités fédérées (comité technique et groupe indicateurs), du Service de lutte contre la pauvreté, des acteurs publics et privés concernés et de personnes vivant la pauvreté et leurs associations.

 

 - Le 7 juillet 2010, le Conseil de l’Europe approuve ses Nouvelle Stratégie et Plan d’action pour la Cohésion sociale

 

 - En conséquence, en 2010, la Wallonie, par l’intermédiaire de la DiCS, a été à la base de l’organisation, avec le Conseil de l’Europe et l’IWEPS, dans le cadre de la Présidence belge et sous les auspices du Ministre-Président du Gouvernement wallon, d’une grande Conférence européenne sur « Promouvoir la cohésion sociale au niveau européen : des concepts et des indicateurs au service de l’action » qui a remporté un franc succès et qui a débouché sur l’adoption d’une Déclaration finale d’engagement largement diffusée. Les actes de ce colloque seront d’ailleurs prochainement disponibles.

 

 - Depuis lors, les travaux des uns et des autres se poursuivent et l’on peut notamment citer les Plans de Cohésion sociale  (PCS) qui favorisent la cohésion sociale et l’accès effectif de tous aux droits fondamentaux dans 181 communes wallonnes de langue française, parmi lesquelles 39 villes de plus de 20.000 habitants. Le PCS est intégré dans toutes les catégories de communes et majoritairement déployé dans les communes de moins de 20.000 habitants (73%), avec une proportion plus importante dans les provinces de Hainaut et de Liège. Au total, le PCS concerne potentiellement 79% des Wallons. 

 

 - Enfin, l’Union européenne s’intéresse à son tour au Plan de cohésion sociale wallon : son Agence européenne pour les droits fondamentaux (FRA), basée à Vienne,  mène actuellement une recherche intitulée « Connecting rights. A Joined-up Governance Approach to Fundamentals Rights Implementation »

 

 - Illustrant le concept de coresponsabilité prôné par le Conseil de l’Europe, l’expérience de co-construction d’indicateurs de bien-être avec les citoyens, en cours dans une quinzaine de communes wallonnes, a pu voir le jour en Wallonie dans un cadre institutionnel porteur du projet (Conseil de l’Europe, Wallonie (IWEPS, SPW-DICS), communes-CPAS), lui conférant ainsi une reconnaissance publique et le statut d’expérience-pilote de référence pour d’autres pays/territoires. 

 

Autant d’initiatives partagées par une même vision …

 

A partir de 2014, la promotion de la cohésion sociale et la lutte contre la pauvreté

 

Le nouveau Gouvernement wallon entend poursuivre son action et renforcer  la cohésion sociale  afin de permettre à chacun de prendre part à la vie sociale, politique, économique et culturelle. Il se veut attentif à ce que les citoyens puissent s'émanciper et à ce que les plus démunis bénéficie d'un accompagnement leur permettant de sortir de la précarité et se réinsérer. Le Gouvernement entend soutenir les CPAS et le monde associatif qui veillent à combattre cette précarité et défendent le droit pour tous à vivre dignement.

 

Pour assurer la cohésion sociale, les Plans de cohésion sociale seront poursuivis mais feront l'objet d'une simplification administrative pour en alléger les procédures de suivi. L'accueil des Gens du voyage sera encouragé de même que l'aménagement de terrains d'accueil.

 

Pour combattre la pauvreté, sous la houlette du Ministre-Président, le Gouvernement entend adopter prochainement un Plan de lutte contre la pauvreté en Wallonie développant une dynamique coordonnée associant tous les ministres wallons. Un relevé des principaux indicateurs statistiques disponibles a été réalisé, de même qu'un inventaire des dispositifs existants, afin de mettre en lumière les besoins prioritaires à rencontrer par une future politique régionale transversale de lutte contre la pauvreté et les inégalités sociales qui viserait à la fois les personnes en situation de pauvreté mais aussi celles qui risquent de basculer dans la pauvreté. Ce plan d'action devrait être soumis à l'approbation du Gouvernement à l'automne 2015.

 

En application du décret du 23 janvier 2014 relatif à la reconnaissance d’un réseau de lutte contre la pauvreté en Wallonie, le Gouvernement wallon a par ailleurs reconnu l'asbl Réseau wallon de lutte contre la pauvreté (RWLP) comme un  interlocuteur expert en matière de lutte contre la pauvreté.      

Cette reconnaissance permet au Gouvernement de disposer d'un interlocuteur organisé. Le RWLP a déposé un programme de travail pour les années 2015-2017, qui a été approuvé par le Gouvernement wallon le 2 juillet 2015, et bénéficie d'une subvention régionale dans ce cadre.

Pour combattre la pauvreté, le Gouvernement wallon vient d'adopter, ce jeudi 10 septembre 2015, son premier Plan de lutte contre la pauvreté, élaboré à l’initiative et sous la coordination du Ministre-Président Paul Magnette. Ce programme a été établi en partenariat avec les acteurs, associatifs et publics, de la lutte contre la pauvreté. Il implique l’ensemble des membres du Gouvernement et complète les dispositifs existants. Un des objectifs du Gouvernement est de renforcer, dans ses compétences, les leviers qui ont un effet direct sur les situations de pauvreté.  

Le plan s’articule autour d’axes thématiques. Il se base sur l’indicateur européen de « déprivation matérielle ». Cet indicateur mesure la pauvreté selon le nombre de situations de la vie courante auxquelles une personne ne peut faire face. Il s’agit, par exemple, de ne pas pouvoir affronter des dépenses imprévues, ne pas manger un repas contenant des protéines tous les deux jours ou ne pas chauffer correctement son logement. Cette approche permet de définir des actions très concrètes. Dans cette logique, les axes d’actions retenus sont le logement, l’alimentation, l’énergie, l’eau, la santé, les politiques familiales, la mobilité, le loisir et le numérique. Dans chaque axe, le Gouvernement a identifié, en concertation avec les acteurs de terrain, un programme d’actions à réaliser dans différents délais.

Cette initiative du Gouvernement ne part pas de rien. Depuis de nombreuses années, la lutte contre la pauvreté fait partie intégrante des politiques wallonnes. Différents dispositifs visent des publics cibles, identifiés au fil du temps : les sans-abris, les personnes en rupture sociale, les personnes surendettées dans les services de médiation de dettes ou encore les résidents permanents dans les infrastructures touristiques relevant du Plan « Habitat permanent ». Ces dispositifs ont vocation à évoluer parallèlement au nouveau dispositif, conformément à la Déclaration de Politique Régionale.

A noter :

 

Actions de premier niveau: 
Non